Réunion du lundi 16 janvier 2004
|
LES MYCOTOXINES ET LEURS IMPLICATIONS DANS L'ALIMENTATION
|
Il existe cinq mycotoxines ou groupe de mycotoxines qui apparaissent assez souvent dans la nourriture du cheval : déoxynivalénol, zéaralénone, ochratoxine, fumonisine et aflatoxine. Certaines espèces sont connues depuis plus de 150 ans (aflatoxine) alors que d'autres ont été découvertes en 1988 (fumonisine). Les mycotoxines sont des composés chimiques toxiques, produits par certains champignons. Il existe de nombreux composés de cette sorte, mais seul un nombre limité se trouve régulièrement dans les aliments, céréales ou fourrages. Néanmoins, ceux qui apparaissent dans les denrées alimentaires revêtent une grande importance sanitaire pour la santé animale. Etant donné que les mycotoxines sont produites par les champignons, on les retrouve dans les récoltes affectées par les maladies ou les moisissures, même lorsque la contamination ne semble que superficielle (Food and Agriculture Organization of the United Nations, 2003).
Les champignons producteurs de mycotoxines dans les denrées alimentaires se classent grossièrement en deux groupes : ceux qui se développent avant la récolte, appelés communément champignons de terrain, et ceux qui apparaissent uniquement après la récolte, appelés champignons de stocks. Aspergillus et Fusarium sont probablement les espèces de champignons produisant le plus de mycotoxines (Canadian Food Inspection Agency, 2003).
Les moisissures toxinogènes se développent essentiellement sur
les céréales (avoine, orge, maïs) et les fourrages, qui représentent
les éléments principaux de la ration de base du cheval
(Institut National de la Recherche Agronomique, 2003). Les moisissures et toxines
se développent dans certaines conditions particulières de température,
d'humidité et de teneur de l'air en gaz.
En effet, les principaux champignons susceptibles de contaminer l'alimentation
du cheval se développent particulièrement bien dans un environnement
très humide (> 70 %), où la température est plutôt
élevée (20 à 30°) et par une composition de l'air en
C0² inférieure à 50 % (Ley, 2002), (Arachundia et al, 2001),
(Reagor, 1998).
Les principaux facteurs favorables au développement des champignons
seront (Food and Agriculture Organization of the United Nations, 2003) :
Par ailleurs, les informations sur les mycotoxines des denrées sont loin d'être exhaustives, mais elles sont suffisantes pour les considérer comme un problème grave dans de nombreuses régions du monde. Tous les pays n'ont pas véritablement les mêmes risques selon les conditions climatiques dominantes. Dans les régions tempérées comme la France, l'Angleterre et une partie des Etats-Unis, le risque mycotoxicologique majeur sera dû aux toxines de Fusarium (fumonisine & zéaralénone). En France, celles-ci sont recherchées dans les céréales comme l'orge et le maïs. Pour les pays chauds et humides comme ceux d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud, les mycotoxines les plus redoutées sont les aflatoxines (Irish Agriculture and Food Development, 2003).
La toxicité des mycotoxines dépend notamment de la quantité ingérée et elles pénètrent dans l'organisme par voie orale, plus rarement par inhalation. Certaines mycotoxines contenues dans la nourriture ont des conséquences aiguës et des symptômes graves d'intoxication apparaissent très rapidement. D'autres mycotoxines présentent, quant à elles, une toxicité chronique et ont des effets cumulatifs sur le long terme pouvant induire des déficiences immunitaires. Les mycotoxines ont, selon le cas, des effets immunodépresseurs, hémorragiques, hépatotoxiques, néphrotoxiques, neurotoxiques et oestrogéniques (Association Française de Sécurité Sanitaire des Aliments, 2003).
Selon les familles de mycotoxines, les conséquences suite à des ingestions importantes chez le cheval peuvent être les suivantes :
Lors de mycotoxicoses sévères, les bilans sanguins des chevaux
infectés peuvent présenter les caractéristiques suivantes
(Irish Equine Center, 2000) :
Les symptômes les plus fréquents sont l'apparition de désordres respiratoires, perte d'appétit, diarrhée et fatigue générale (Irish Equine Center, 2000). Il n'y a pas de traitement spécifique et les antibiotiques n'ont aucune efficacité.
Concernant la législation en Europe, dans la plupart des cas, les limites
établies par les pouvoirs publics ou autorités sanitaires ne sont
qu'indicatives et non obligatoires. C'est le cas des ochratoxines, déoxynivalénols
et zéaralénones dont les niveaux de toxicité ne sont pas
identifiés (Food and Agriculture Organization of the United Nations,
2003), (Food and Drug Administration, 2003).
On appelle stratégie de prévention au sens strict tout ce qui
contribue à empêcher la formation de mycotoxines sur les céréales
ou fourrages sur pied (avant la récolte) ou stockés (après
la récolte). Différentes stratégies de prévention
sont actuellement appliquées ou à l'étude :
Enfin, la sélection d'une alimentation de haute qualité (céréales à densité élevée, fourrages avec d'excellentes propriétés organoleptiques) est un excellent moyen de prévention contre tout risque d'infestation mycologique.
|
Syndicat des Eleveurs de Chevaux de Sang de France 257, avenue le Jour se Lève 92655 BOULOGNE CEDEX Tél : +33 (0) 1 47 61 06 09 Fax : +33 (0) 1 47 61 04 74 EMail : info@syndicatdeseleveurs.org Web : http://www.syndicatdeseleveurs.org
Site Web Copyright © 2002-2004 Cabinet Derek Erb |
|